Agoria et Capgemini Invent plaident pour des zones modérément réglementées et un cadre légal pour la 5G

La moitié des entreprises manufacturières industrielles de notre pays estiment que la 5G pourrait permettre d’organiser la production de manière plus efficace et flexible. Il s’agit de l’internet mobile ultrarapide qui succèdera à la 4G. Mais des entreprises ayant des sites de production en Belgique et dans d’autres pays tiers, comme les États-Unis et l’Allemagne, craignent que notre pays passe à côté de cette opportunité d’investissement dans la 5G.

C’est ce qui ressort de la première grande étude sur la 5G dans l’industrie belge, publiée aujourd’hui par la fédération technologique Agoria et la société de consultance Capgemini.

Eu égard à l'urgence de la situation, Agoria et Capgemini Invent plaident pour la mise en place de « zones modérément réglementées » dans lesquelles les opérateurs télécoms, les entreprises et les institutions de connaissances pourront lancer à court terme et de manière accélérée des actions en matière de 5G. Pour ce faire, ces zones devront présenter un niveau de réglementation provisoirement inférieur. En ce qui concerne le calendrier, les organisations proposent que ces zones soient établies le 1er janvier 2020 et restent en place jusqu’à la mise aux enchères de la bande 5G de 3.6GHz. Les entreprises pourront ainsi se préparer dès à présent à la révolution qu’induira inévitablement la 5G en termes de connectivité. Agoria réitère également sa demande d’aligner les normes d’émission sur celles des pays voisins et plaide une nouvelle fois pour que la mise aux enchères ait lieu rapidement.

Pas moins de 489 entreprises ont participé à cette étude menée par le biais de sondages téléphoniques, de questionnaires et d’entretiens approfondis. Ces derniers ont été réalisés auprès de 35 entreprises belges de premier plan. Selon une étude internationale menée par Capgemini Invent plus tôt cette année, 75 pour cent des multinationales estiment que la 5G présente d’énormes opportunités en termes d’innovations et constitue un incitant majeur pour la transformation numérique. En tant que successeur de la 4G, elle offre non seulement une connexion nettement plus rapide mais aussi un temps de réaction accéléré, une fiabilité accrue et des possibilités de connecter nettement plus d’appareils entre eux. Or, ces avantages sont cruciaux pour l’industrie et les entreprises.

Cinq motivations industrielles importantes pour la 5G

La bonne nouvelle, c’est que près de 80 pour cent des entreprises sont conscientes de l’arrivée de la nouvelle technologie 5G. Les multinationales et les grandes entreprises le sont davantage que les PME, à l’exception des start-ups numériques, qui sont également des précurseurs en la matière. Un groupe de leaders de 122 entreprises (une entreprise interrogée sur quatre) souhaite effectivement investir dans des innovations 5G.

L’étude fournit des résultats concernant cinq motivations industrielles importantes :

Une production plus efficace et flexible, notamment par la connexion sans fil stable de machines, constitue la principale motivation pour les entreprises manufacturières (54%).

Dans le secteur des services, le souhait est avant tout d’améliorer l’expérience client (33%).

Les grandes entreprises (de production) et les start-ups numériques estiment que la 5G génèrera des revenus supplémentaires grâce à toutes sortes de produits et modèles d’entreprise intelligents (36%).

Une amélioration de la cybersécurité pour toutes les applications en réseau sans fil fait partie des souhaits les plus chers pour trente-cinq pour cent des entreprises interrogées.

Enfin, vingt-cinq pour cent indiquent que la 5G pourrait notamment permettre d’optimiser sensiblement la gestion de la chaîne grâce à la surveillance.

Une entreprise sur trois du groupe de leaders est en outre disposée à payer plus pour davantage de services 5G, la cybersécurité étant l’une des principales priorités.

Activer la 5G dans les entreprises belges grâce à des zones modérément réglementées permettant à tous les acteurs de collaborer

Même si la 5G ne sera disponible en Belgique que dans deux ans, les entreprises belges doivent déjà s’y préparer sur le plan opérationnel. Elles doivent pouvoir évaluer l’impact sur leurs systèmes et processus IT, cartographier leurs modèles de rémunération et établir une feuille de route afin de pouvoir bénéficier dès que possible des avantages de la 5G.

C’est pourquoi nous plaidons pour des « zones modérément réglementées » dans lesquelles les opérateurs télécoms, les entreprises et les institutions de connaissances pourront lancer des actions en matière de 5G de manière accélérée. Pour ce faire, ces zones présenteront un niveau de réglementation provisoirement inférieur. Cela devra notamment concerner les obligations en matière de niveaux de rayonnement et de permis de bâtir et d’environnement. Ainsi, les opérateurs télécoms pourront en outre mieux informer leurs sociétés clientes des possibilités de la 5G. Parallèlement et en collaboration avec les pouvoirs publics et des organisations publiques et privées, ils devront également en informer au maximum les différents segments industriels.

Risque de diminution des investissements de la part des multinationales

En Belgique, les actions concrètes sur le terrain sont malheureusement insuffisantes. À Pékin, dix mille antennes 5G ont déjà été installées. L’opérateur américain Verizon a commencé à déployer un réseau 5G. L’Espagne, la France et l’Allemagne disposent chacune de plus de quinze bancs d’essai 5G. La Belgique n’en compte actuellement que deux. Près de trois entreprises sur quatre pointent du doigt l’incertitude politique comme principale cause de ce manque d’action.

Or, cela n’est pas sans risques. Ce sont principalement les multinationales produisant en Belgique qui détiennent d’importantes connaissances en la matière et sont disposées à investir. La 5G peut être appliquée au niveau local, sur le site de production, un déploiement global n’étant dès lors pas nécessaire. Les choses pourraient donc évoluer rapidement en cas de mise aux enchères des licences 5G avec des normes d’émission réalisables. Aux États-Unis, en Chine et dans nos pays voisins, l’absence de ces obstacles garantit une sécurité juridique nettement plus importante pour des investissements. C’est pourquoi les entreprises belges interrogées craignent qu’une nouvelle vague d’investissements dans la production (flexible) bénéficie plutôt à des sociétés sœurs à l’étranger.

La Chine, les États-Unis et de nombreux pays européens disposent déjà d’une feuille de route nationale et sont occupés à déployer les réseaux. La Belgique doit être consciente de l’importance accrue de l’infrastructure télécom en tant qu’atout stratégique pour un pays. Les obstacles doivent être éliminés et une feuille de route doit être établie en matière de 5G, avec une coordination entre les différents niveaux de pouvoir, afin d’assurer la future vague d’investissements des entreprises dans la 5G en Belgique.

SABCA : « Grâce à des bancs d’essai 5G, l’industrie aéronautique pourrait continuer à se développer en Belgique. »

La SABCA s’est spécialisée, depuis quelques années déjà, dans la réalisation de vols de drones à risques pour l’industrie en Belgique. Elle a récemment assuré le transport autonome d’échantillons médicaux d’un hôpital à un autre dans le ciel d’Anvers. Une entreprise risquée mais totalement sûre au-dessus des têtes de nombreux habitants de la ville. En collaboration avec DEME, la SABCA se chargera également à terme des inspections de parcs éoliens en mer et de la surveillance de chantiers offshore. Le caractère unique de ces vols tient à leur réalisation sans l’intervention d’un pilote. Grâce à l’intelligence artificielle et à un logiciel de pointe, les appareils se fraient eux-mêmes un chemin vers leur destination à travers l’espace aérien.

Les systèmes autonomes de la SABCA satisfont à des normes strictes et sont adaptés pour des missions présentant des risques tant pour l’infrastructure que pour les collaborateurs. La 5G permet d’effectuer ces missions de manière encore plus sûre. En tant que successeur de la 4G, elle offre non seulement une connexion nettement plus rapide mais aussi un temps de réaction accéléré, une fiabilité accrue et des possibilités de connecter nettement plus d’appareils entre eux. C’est essentiel dans le cadre de la communication automatique complexe entre les différents composants du réseau permettant de telles opérations.

« La demande de bancs d’essai 5G s’inscrit dans notre ambition de continuer à développer l’industrie aéronautique en Belgique », déclare Thibauld Jongen, CEO de SABCA Group. « Il est crucial que les pouvoirs publics et les organisations publiques et privées s’associent afin de ne pas rater le train de la 5G et d’envisager celle-ci comme un moteur de développement de nos connaissances et de notre position en Europe et dans le monde. C’est pourquoi nous plaidons pour des zones modérément réglementées, où nous pourrons mettre en place des expériences et stimuler ces nouveaux développements dans le secteur aéronautique. »

Communiqué de Agoria, 24/10/2019, Photo: Agoria


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